André Desjardins

C’est en découvrant le travail d’André Desjardins et son processus de création que j’ai eu envie de découvrir comment et pourquoi les artistes créent. André nous raconte comment il vit son art et comment il transmet sa paix intérieure dans chacune de ses œuvres.

Bonjour André ! Parle-nous un peu de toi, qui es-tu et que fais-tu ?

J’ai fait mes études en design graphique à l’université donc j’ai toujours été dans le milieu créatif. J’ai ensuite monté une entreprise de communication que j’ai vendue en 2001 et là, je me suis demandé ce que je pouvais faire. Je me suis mis à peindre pour mon plaisir et j’ai eu quand même pas mal de succès. Ça m’a emmené à avoir des agents aux États-Unis puis ma carrière s’est lancée à l’international. C’est comme une suite naturelle des choses pour moi. Je n’ai pas l’impression que c’est un travail, c’est comme la prolongation de mon savoir-faire, ce que j’ai toujours fait.

Depuis quand est-ce que tu peins, dessines, sculptes ?

J’ai toujours dessiné, j’ai dû commencer à 3-4 ans et je n’ai jamais arrêté.

Comment as-tu appris ces différentes techniques ?

J’ai fait de l’illustration à l’université, mais sans plus, je suis vraiment autodidacte sur tout ça. Je fais beaucoup de recherches dans mon travail et en fait il ne faut pas avoir de carcan pour créer. Toutes mes techniques sont des accidents, des erreurs de parcours qui ont donnés des résultats. Je me suis accroché à ses résultats et j’ai continué à avancer. Quand j’ai commencé à peindre, j’ai fait quelques expositions ici au Québec et en 2008 j’ai dit à ma conjointe que j’aimerai aller à New York pour voir comment les Américains allaient recevoir mon travail. Alors on est parti à New York pour participer au Art Expo. À l’époque c’était la plus grande foire artistique du monde. Je voulais vendre au moins 4 ou 5 tableaux pour couvrir nos frais. J’ai finalement vendu les 28 tableaux que j’avais emmenés. Le président des représentants d’artistes et venu me voir pour me dire que ce serait un honneur de me représenter. C’est comme ça que je suis rentré dans la grande famille de Masterpiece Publishing. La raison pour laquelle ils m’ont choisi c’est pour ce que je fais. Si on avait été deux à faire la même chose, jamais ne il serait venu me voir.  Et c’est ce que je voulais te dire, c’est qu’en création il ne faut pas avoir peur de se tromper, il faut foncer, expérimenter, faire des tests, sortir de la boite. C’est vraiment ça.

Qu’est-ce qui t’inspire, qu’est-ce qui te donne envie de créer, d’où vient ton inspiration ?

C’est toujours une quête de paix intérieure, de douceur, de vie simple. Ce sont ces sentiments que je veux provoquer quand les gens sont en contact avec mes tableaux, mes sculptures. C’est vraiment une quête personnelle que j’essaie de diffuser à travers mon art. J’essaie de transmettre ma paix intérieure. Ça passe beaucoup par la douceur, l’attention, le respect des autres.

Comment crées-tu une nouvelle œuvre ? Est-ce que tu réfléchis beaucoup et prépares tout avant de te lancer, est-ce que tu suis ton intuition sans savoir à l’avance où elle va te mener, est-ce …

Dans mes tableaux, je commence toujours par faire une texture aléatoire. J’utilise des pigments, des pochoirs, je mets des choses sur la toile, puis j’arrose et ça donne quelque chose. Et à partir de ça, c’est complètement abstrait, c’est un peu comme regarder les nuages, puis à un moment donné on voit une forme et là, je regarde mes textures, je vois une forme et je pars de là. Donc je ne sais jamais dans quoi je m’embarque ni ce que ça va donner comme résultats. J’ai toujours 15-20 toiles en même temps que je travaille, sur mon mur. Je les laisse m’habiter, ce sont des petits détails. Souvent je les accroche dans la maison pour un petit bout de temps puis ça vient. Il n’y a jamais une toile que je ne sens pas, il y a toujours moyen de l’emmener quelque part.

En sculpture, c’est un peu la même chose, souvent je prends un bout de bois que je trouve dans la nature puis je le regarde et je pars de ça pour créer mon personnage.

À quelle fréquence est-ce que tu crées ?

Je crée tous les jours.

Est-ce que tu sens ta créativité fluctuer ? Si oui elle fluctue en fonction de quoi ?

Bonne question, je ne sais pas ! Comme j’ai toujours plusieurs tableaux et sculptures sur lesquels travailler, je laisse murir.

Est-ce que tu vis de ton art ?

Je vis complètement de mon art.

Que fais-tu quand tu n’es pas dans ton atelier ?

Il y a des journées que je consacre à aller voir ce que font d’autres artistes. Je vais marcher en forêt. Ça fait partie d’un tout, si je veux peindre la paix intérieure, il faut que je la vive. Pour moi, c’est un peu comme les gens qui font du yoga, ce n’est pas juste faire du yoga, c’est vivre d’une certaine façon. Donc ça fait vraiment partie de ma vie, ça s’imbrique.

Je vis en forêt, au bord d’un lac, je n’ai pas de voisin. Dans mon atelier, il y a de grandes portes de garage, quand elles sont ouvertes, c’est comme si j’étais dehors, c’est aussi ce que je veux transposer dans mes tableaux.

Que dirais-tu à quelqu’un qui n’ose pas ou qui ne prend pas le temps de créer ?

Que tout est acceptable et qu’il ne faut pas avoir peur de se tromper, de rater. Ce n’est pas grave de jeter un morceau de papier et c’est à force d’essayer de sortir du cadre qu’il y aura quelque chose.

Est-ce qu’il y a une question que je n’ai pas posée à laquelle tu voudrais répondre ?

Hahaha ! Oser en création, c’est nécessaire, il faut avoir de l’audace. Mais il y a tout un volet technique. En fait, moi je n’aime pas dire que je suis un artiste. Je suis peintre et sculpteur, mais je trouve que le chapeau artiste est réservé juste aux artistes alors que tout le monde peut l’être à ça façon, même un banquier peut être créatif. Quand un cuisinier imagine une recette, c’est de la créativité. Mais le volet créativité c’est une petite partie du processus parce qu’il y a aussi tout le volet technique qui est présent. Souvent je compare ça à apprécier le piano et imaginer une mélodie puis apprendre à jouer du piano. Ce sont des années d’efforts et de pratique, alors que l’idée d’une mélodie ça peut juste prendre quelques secondes. Souvent le volet technique est très demandant dans toutes formes d’art. Et c’est la même chose pour n’importe quelle profession, tout le monde peut être créatif, mais il faut apprendre comment, connaitre les techniques, les ressources, ce qui existe comme outils pour réaliser les choses. On ne devient pas bon d’un coup, ce n’est pas parce qu’il y a un piano dans la pièce qu’on va savoir en jouer.

Tout le monde peut arriver à faire quelque chose, peut s’exprimer, on n’a pas besoin d’avoir une technique parfaite, il faut créer une âme, une émotion, qu’on vibre devant une œuvre, même si ce n’est pas un dessin parfait

On pense toujours que c’est pour les autres, mais tout le monde est capable. La technique se développe et se travaille, mais créer est accessible à tous, je crois.

 

Je te remercie, André, d’avoir insufflé en moi cette envie de découvrir ce qui inspire chacun dans ses créations et d’avoir pris le temps de nous faire découvrir ton univers !

Si vous voulez  retrouver André, c’est par ici :

http://andredesjardins.com/

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