Gabriel Arlys

Bonjour Gabriel ! Parle-nous un peu de toi, qui es-tu et que fais-tu ?

Salut ! Tout d’abord un grand merci pour la sollicitation et pour me donner la parole sur ton blog. Je me présente donc en quelques mots : J’ai bientôt 32 ans, je vis en Suisse depuis 2008 après avoir passé ma jeunesse dans le sud de la France (Avignon, Marseille, Toulouse). Niveau formation j’ai un doctorat en écologie et évolution, mais aujourd’hui mon métier s’apparente plus à celui d’ingénieur agronome. Je travaille avec les agriculteurs de Suisse romande et du Tessin pour leur fournir des protocoles de fertilisation écoresponsables. Puisqu’on finit toujours les CV par la section « hobbies », j’aime le sport (judo, basket, triathlon, kayak et n’importe quoi qui peut être fun), la musique et le rock en particulier (je joue un peu de guitare), et la littérature (grand fan de science-fiction et d’anticipation). Voilà pour le décor.

Depuis quand est-ce que tu écris ?

J’ai commencé en 2009, pendant ma thèse, suite à un rêve très Barjavellien, selon un de mes amis. Lorsqu’il m’a dit ça, je me suis mis en tête d’en faire un roman, plus par défi personnel qu’autre chose. Et je me suis sérieusement pris au jeu depuis…

Comment as-tu appris à travailler ton écriture ?

Malheureusement, je ne crois pas que j’ai appris à travailler mon écriture. Elle a évolué depuis 2009 c’est une certitude et elle continuera à le faire, mais je crois que c’est indépendant de ma volonté. Ça se fait naturellement au fil de l’expérience et des lectures que je continue à faire. Ensuite je pense qu’il faut se connaître et ne pas tenter de reproduire des effets de style qu’on a pu observer chez d’autres auteurs. Personnellement, je pense avoir un style pragmatique, avec peu de descriptions, des phrases plutôt courtes. Même mes « ouvrages » sont terriblement courts. Je suis impressionné par les auteurs qui publient des pavés de 500 pages et plus, voire des sagas entières. J’ai un profond respect pour ça, mais ça ne m’attire pas non plus, je sais que je dois rester dans ma catégorie et qu’il y a moyen d’écrire quelque chose de qualité même dans un format court.

Qu’est-ce qui t’inspire, qu’est-ce qui te donne envie de donner vie à une page blanche, d’où vient ton inspiration ? Comment crées-tu une nouvelle histoire ?

C’est difficile à dire, car je crois vraiment que l’essentiel de mon inspiration passe par la case « subconscient ». Chaque fois, l’idée primaire d’une nouvelle histoire provient d’un rêve, pourtant je me rappelle très rarement de mes rêves. C’est le départ de tout. Ensuite je vais tenter d’aller chercher consciemment la raison de ce rêve, pour en déterminer le message, puis je dois créer l’univers et le roman qui permettra de transmettre ce message au mieux. Je me rends compte en décrivant ce phénomène que ça me fait penser à un ordinateur sur lequel vous avez besoin de décompresser les fichiers avant de pouvoir les exploiter.

Sinon, pour en revenir à l’inspiration, je crois que je suis très sensible aux paysages en général, bien plus qu’aux personnes, aux objets ou même à la musique. Le paysage, le « monde » est primordial. C’est d’ailleurs pour ça que j’habite Vevey depuis longtemps et que je ne peux pas en partir !

Est-ce que tu réfléchis beaucoup et prépares tout avant de te lancer, est-ce que tu suis ton intuition sans savoir à l’avance où elle va te mener ?

A priori, je suis plutôt du style à tout planifier. J’ai une formation scientifique, j’aime faire des plans, avoir une réflexion bien menée etc… Dans mon premier roman, j’avais fait un plan des chapitres (30 au total) avec une ou deux phrases pour chacun qui me permettait de me rappeler où je voulais en venir. Ensuite, quand j’avais un vrai moment pour écrire, je relisais les titres de ces chapitres et je choisissais celui auquel j’allais m’attaquer, en fonction de mon état d’esprit du moment. C’est très pratique mais ça demande un travail de relecture et de fignolage plus important à la fin.

Pour l’écriture de mon dernier roman (qui n’est pas encore publié), j’avais décidé de faire un zoom sur un personnage ambigu de La Dictature Aléatoire : « Reto Erding », cela devait être le titre du roman. Et comme j’avais reçu en cadeau un superbe grimoire, je me suis mis en tête d’écrire le premier jet de « Reto Erding », entièrement à la main dans ce grimoire, ce qui de fait, m’obligeait à écrire l’histoire en suivant l’intuition (la mienne et celle de mes personnages) sans pouvoir planifier quoi que ce soit. La narration alterne entre deux périodes distinctes de la vie du personnage et une fois que j’ai terminé d’écrire mon premier jet, j’ai compté les chapitres… Il y en avait 46… 23 paires de chapitres comme autant de chromosomes constituant ce personnage mystérieux. Et le titre du roman est devenu « L’ADN de Reto Erding ».

À quelle fréquence est-ce que tu écris ?

Dans ma tête, j’écris tout le temps, quasiment tous les jours, les idées fusent. Mais dans les faits, j’écris très, trop, ponctuellement. C’est un regret, mais pour l’instant ma mémoire ne me fait pas défaut. Si je veux concrétiser toutes mes idées actuelles, j’ai encore de nombreux romans à écrire…

Est-ce que tu sens ta créativité fluctuer ? Si oui elle fluctue en fonction de quoi ?

Pas tellement. Mais si je dois essayer de déterminer des facteurs influant sur ma créativité, je dirais qu’il y a la fatigue (logiquement je crée moins en état de forte fatigue) et l’environnement, la découverte de nouveaux paysages. Je peux donc définitivement répondre à ta question précédente en disant que les voyages sont une grande source d’inspiration pour moi.

Est-ce que tu vis de ton art ?

Comment traduit-on la crise de rire ? Ah oui… MDR. Sincèrement je pense avoir plus dépensé d’argent en frais de transport et d’hôtels pour pouvoir participer à des salons ou des séances de dédicaces que ce que j’ai pu toucher en droit d’auteur. Dans un sens c’est presque mieux, cela me laisse une totale liberté, je n’ai pas d’éditeurs ou de lectorats à satisfaire. Je crée uniquement selon mes envies et mes convictions. De toute manière, je pense que les passions ne sont pas faites pour remplir le porte-monnaie (sauf exception), mais pour nous enrichir l’âme.

Quand tu ne peux pas écrire, tu te sens comment ?

Ça ne me dérange pas, car je continue à créer l’histoire dans ma tête, en attendant qu’un jour elle soit justifiée sur papier. Mais c’est vrai que les pages s’accumulent plus vite dans mon cerveau que dans mon disque-dur.

Que fais-tu quand tu n’écris pas ?

Bonne question… Plein de choses et à la fois rien, je vis le moment présent qui est parfois constitué d’un match de basket, d’une ballade au bord du lac ou de verres entre amis (très important ce dernier point).

Est-ce qu’il y a une question que je n’ai pas posée à laquelle tu voudrais répondre ?

Non, je me réjouis maintenant de voir les autres interviews des artistes que tu vas solliciter à leur tour !

Que dirais-tu à quelqu’un qui n’ose pas ou qui ne prend pas le temps de créer ?

Je ne suis pas certain que tout le monde ait le besoin de créer… C’est un désir qui doit monter en soi et s’il est assez fort, la personne prendra forcément le temps.

Je te remercie Gabriel d’avoir pris le temps d’écrire pour nous !

Merci à toi, je te souhaite une excellente continuation dans ta création artistique et dans la tenue de ton blog ! À bientôt.

 

Si vous voulez  retrouver Gabriel, c’est par ici :

https://www.facebook.com/Gabriel-Arlys-433136266761657/

https://www.editions-bozdodor.com/les-auteurs/gabriel-arlys/

 

Je vous retrouve très vite pour une nouvelle interview ! N’hésitez pas à me dire s’il y a des questions que vous voudriez poser ou des artistes que vous voudriez découvrir à travers ces questions !

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