Nicolas Duivon

Aujourd’hui, je vous emmène dans l’Univers Magique et Féérique du photographe Nicolas Duivon. Un de mes mentors en photographie. En rentrant de Madagascar, je cherchais des conseils pour m’équiper en photo, plus particulièrement  en macro-photographie. On m’a donné le contact de Nicolas.

J’ai alors découvert qu’on pouvait photographier les gouttes d’eau

Bonjour Nicolas, parle-nous un peu de toi, qui es-tu et que fais-tu ?

Si je devais me définir, je dirais que je suis avant tout un amoureux de la terre, un amoureux de Dame Nature comme j’aime à l’appeler. Je pense que c’est ce qui me définit le mieux. Je suis papa de 3 enfants, ce qui est vraiment important et vital pour moi c’est la Famille et la Nature.

Depuis quand est-ce que tu fais de la photo ?

La 1ere fois que j’ai fait de la photo, j’avais 12-13 ans. Nous étions en vacances à la mer avec mes parents. On avait un appareil photo jetable et ma maman m’a dit de faire des photos. Alors j’en ai fait quelques unes. Quand elle les a fait développer, le photographe lui a dit que les photos étaient très sympas. J’avais fait des choses très simples comme des couchers de soleil, des bateaux … Mais je pense que j’avais déjà le sens d’une bonne composition de l’image. Cette petite flatterie qu’avais ramené ma maman de chez le photographe m’a titillé et je me suis dis, tiens, la photo ? Pourquoi pas, alors qu’avant, je n’y avais jamais pensé. Quelques années plus tard, ma mère m’a ensuite donné le vieil appareil photo argentique de mon père et c’est parti comme ça.

Comment as-tu appris la photographie ?

J’ai commencé à faire un peu de photos avec cet appareil. Je prenais mon village, que j’adorais, quelques personnes que j’aimais beaucoup, des encadrements de portes, des façades de maisons anciennes, j’utilisais des filtres un peu sépia. Puis à 16 ans, alors que je faisais du baby-sitting, on m’a proposé de me donner un vieux labo noir et blanc en échange de mes services. Je m’y suis mis tout seul sans personne pour me montrer, j’ai développé mes 1ères photos noir et blanc. Deux ans après, je suis parti faire une école de photographie.

La photo liée à la nature est venue plus tard, j’ai eu envie de lier mon amour de la nature à la photo.

Qu’est-ce qui t’inspire, qu’est-ce qui te donne envie de sortir ton appareil pour créer une image, d’où vient ton inspiration ?

C’est vaste …  Égoïstement, je dirais, le bien que la Nature me donne. J’ai envie de mettre en évidence toutes ses petites beautés cachées. C’est pour ça que je fais de la macro parce que je trouve que les gens ne regardent pas assez les toutes petites choses à leurs pieds. C’est ce que je veux leur révéler.

J’ai envie de donner l’opportunité aux gens de s’interroger, je souhaite créer un éveil sur la précarité, la fragilité de la Nature et la nécessité d’en prendre soin.

Comment crées-tu une photo ? Est-ce que tu réfléchis beaucoup et prépares-tu tout avant de te lancer, est-ce que tu suis ton intuition sans savoir à l’avance où elle va te mener, est-ce que …

C’est vraiment variable, des fois tu sors, tu prends ton appareil photo et tu ne sais pas du tout ce que tu vas voir. Dans ces moments là, c’est vraiment de l’instantané. Tu vas te mettre à genoux et tu vas avoir une émotion parce que tu vas voir une lumière traverser une goutte d’eau, tu vas la voir en gros dans ton œilleton et tu vas te dire que c’est magique ! Et là, c’est parti et tu fais une série de photos à laquelle tu ne t’attendais pas. Et d’autres fois tu réfléchis, tu sais qu’à cette période de l’année, tu as ces oiseaux-là, cet endroit-là, donc tu vas aller mettre ton affût à tel endroit, à telle heure et c’est plus calculé, plus réfléchi. Tu sais qu’il y a un arbre mort et que  si tu l’as en fond tu auras de belles couleurs pour ton bokeh.

Et puis des fois, tu ne peux pas expliquer ce qui se passe, des fois ce sont des rêves ! Il m’est arrivé de rêver d’une photo et il a fallu absolument que je trouve la façon de la faire. C’était sur les gouttes d’eau, je voyais vraiment des formes, des fonds de certaines couleurs donc j’ai essayé de retrouver ça dans la nature pour faire ma photo et je l’ai faite.

À quelle fréquence est-ce que tu fais de la photo ?

Pendant les périodes où je m’y consacre le plus, c’est presque quotidien, c’est rare qu’il y ait un jour ou deux par semaine où je n’en fais pas. Je le prends vraiment comme un travail, sans contrainte bien sûr. Je me dis que je ne suis pas là pour flâner, je prends mon appareil et je vais faire des clichés. Ça me ressource et m’apporte tellement de plaisir que c’est loin d’être une contrainte.

Est-ce que tu sens ta créativité fluctuer ? Si oui, elle fluctue en fonction de quoi ?

Oui, il y a des périodes où tu as l’impression que tu fais toujours la même chose et quand tu décharges tes photos tu es déçu parce que tu te dis que tu as encore fait pareil. Et d’autres fois tu as des moments de gloire tu sors une série que tu n’as jamais faite, que tu n’as jamais vue et tu te dis waouh !! Tu le sens quand tu appuies sur le déclencheur, tu te dis celle-là, c’est la bonne. Donc ça fluctue, c’est très aléatoire. Ça varie beaucoup avec les aléas de la nature. En nature, ce n’est pas à toi que je vais l’apprendre,  photographie, ça veut dire dessiner avec la lumière. Donc la base c’est la lumière. Quand tu as une bonne lumière, tout ce que tu vas photographier va ressortir. Mais je pense que ton humeur rentre en jeu, à partir du moment où tu fais des créations artistiques c’est obligé que ton humeur transparaisse. Donc quand tu te mets un coup de pied au cul pour sortir et te dire là je vais aller chercher la bonne lumière et tant pis si en plein été je dois me lever à 4 h pour être sur place et attendre la bonne lumière, tu fais de belles séries. Je reviens souvent aux gouttes d’eau et je sais que toi aussi tu les aimes, sur certaines pour avoir des fonds comme ça, il fallait attendre que le soleil se lève… Tout simplement être là.

Il y a des moments de gloire, que tu ne peux pas expliquer, c’est comme quand je cours. Des moments où tu te perds complètement, tu ne sens plus le temps qui passe. C’est ce que moi j’appelle les moments de gloire, les moments où je suis complètement, mais complètement ailleurs, et là, il n’y a plus rien qui existe. C’est une continuité de toi finalement, ce que tu tiens dans la main, ce que tu vois et tu te laisses complètement imprégner, tu fais partie de ce tout. Il se passe vraiment des choses, même avec le végétal, que les gens qualifieraient de « chose passive », on ne lui prête pas la même vie qu’aux animaux, aux humains, mais pourtant si, il se passe des choses !! Tout comme avec les insectes ou les oiseaux. Il y a des moments où tu dis juste: Merci ! Je repense à un moment en particulier où je suis resté plusieurs heures dans un fossé gelé parce que j’étais tombé sur un Argus bleu. Un petit papillon qui avait de la rosée gelée sur ses ailes. J’ai commencé à faire un cliché comme ça puis j’ai voulu attendre que le soleil se lève et qu’il dégèle pour voir ce qui aller se passer. Je voulais qu’il soit vivant, je n’en étais pas sûr… J’ai fait une photo quand le gel s’est transformé en goutte d’eau puis, quand ces gouttes d’eau ont disparues. Et finalement quand le papillon s’est envolé. Pour ces clichés j’ai attendu des heures sans m’en rendre compte, il faisait froid et je n’ai rien senti ! J’étais absorbé et c’était tout simplement magique.

Il y a 2 ans en allant au brame du cerf, j’étais accroupi en tenue de camouflage, j’entends bramer. Je sais qu’il approche, je le sens arriver, j’ai des frissons énormes, je ressens le brame surpuissant qui commence à résonner à l’intérieur de moi, ça vibre fort. Je commence à le prendre en photo, il s’approche de plus en plus de moi, il me regarde. Je suis à 6 mètres, je le vois sur les données de mon appareil photo, je suis obligé de dé-zoomer tellement il est près de moi. Il passe, il me regarde tranquillement, il fait le tour de moi, puis va se coucher à 10-15 mètres. Puis il est resté là, je pense qu’il s’est endormi, je ne sais pas le temps qui s’est écoulé. C’était un moment de grâce, de pur bonheur. Il savait que j’étais là, il m’a accepté. Il m’a fait un beau cadeau.

 

Est-ce que tu vis de ton art ?

Non, peut-être un jour… Mon livre sur les orchidées du Sud-Ouest est réédité, mais ça ne me fait pas gagner d’argent.

Quand tu ne peux pas faire de la photo, tu te sens comment ?

Desséché !! Quand tu ne crées pas, il manque quelque chose, tu te sens un peu amputé, il y a une partie de toi qui ne vis pas, un morceau de toi qui est absent.

Que fais-tu quand tu ne fais pas de photo ?

À part travailler ? … 🙂 Je fais beaucoup de sport et je passe du temps avec ma famille. Je vais à l’intérieur de moi en faisant du sport et du reiki. Je prends soin de moi et des miens tous les jours.

Est-ce qu’il y a une question que je n’ai pas posée à laquelle tu voudrais répondre ?

J’ai déjà beaucoup parlé !

Que dirais-tu à quelqu’un qui n’ose pas ou qui ne prend pas le temps de créer ?

Ne vous retenez pas, faites-le quand vous en avez l’occasion, peu importe ce qu’est votre processus créatif, vous serez peut-être surpris du bien que ça fait.

Regardez toute la beauté qu’il y a autour de vous et essayez de la faire voir aux autres, à votre façon, ça aussi, ça fait du bien !

Je te remercie Nicolas de nous avoir emmenés dans ton univers de Lumière !

Si vous voulez  retrouver Nicolas et vous procurer son magnifique guide sur les Orchidées du Sud-Ouest c’est par ici :

https://www.instagram.com/nicolasduivon/

 

 

https://www.unautrereg-art.com/product-page/orchidées-du-sud-ouest-guide-d-identification

https://www.amazon.fr/Orchidées-du-Sud-Ouest-Guide-didentification/dp/2900803055

https://www.cultura.com/orchidees-du-sud-ouest-guide-d-identification-9782900803059.html

https://www.culture.leclerc/livre-u/loisirs-vie-pratique-u/nature-animaux–jardin-u/nature-u/flore-de-france-et-du-monde-u/-9782900803059-pr

 

 

2 Comments

  1. Merci pour ce partage, les photos sont magnifiques!

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