Onirisme Végétal
Mes oeuvres s’inspirent principalement de mes rencontres végétales. D’aussi loin que je me souvienne, les plantes ont toujours eu mon attention que je sois éveillée ou rêveuse.
Chaque dessin est un méticuleux tissage de détails, de mouvements, de lignes de vie, de féminités, de voyages et de rencontres. Ce sont des oeuvres à découvrir progressivement alors qu’on s’enfonce dans leur complexité naturelle.
J’aime révéler la minutie des détails en noir et blanc, le minimalisme de la complexité. Partir d’une feuille blanche et d’une encre noire afin de dévoiler ce que je vois, ce que je perçois, ce que je ressens du monde qui m’entoure.
Une touche de doré vient souvent rehausser de son éclat l’onirisme et la magie de mes dessins. J’aime jouer avec la lumière des peintures métalliques qui donnent de la vie à beaucoup de mes créations. Mes oeuvres alors changent tout au long de la journée en fonction de la luminosité, toujours les mêmes, mais toujours changeantes, aussi simplement qu’une forêt, le ciel, la mer, la lune…
Mes représentations humaines viennent poser leur féminité sans visages au coeur de certaines créations. Je ne les personnifie pas et ne leur donne pas de traits, peut-être seraient-elles alors trop humaines… Boudeuses, souriantes, malicieuses… J’aime laisser libre cours à l’état d’être de chacun pour y voir, y percevoir ce qu’il veut, ce dont il a besoin. Parfois, quand on en sait trop, les choses perdent de leur magie.
Biographie
Des forêts françaises aux mystérieux baobabs de Madagascar, mon parcours d’ethnobotaniste (EPHE) a toujours été guidé par la passion du monde végétal. Aujourd’hui illustratrice spécialisée (RBGE), je reviens à l’île Maurice avec une mission : remettre en lumière une flore indigène oubliée depuis 130 ans. Je crée désormais des archives visuelles d’exception, alliant rigueur scientifique et élégance pour sauvegarder l’essence des grands domaines mauriciens.
A l’origine de tous mes projets se trouve avant tout ma passion pour les plantes et le monde végétal. J’ai découvert la botanique il y a très longtemps. J’ai d’abord récolté les fleurs pour leurs formes et leurs couleurs afin de confectionner des cadres de fleurs séchées, puis j’ai vite fait mes premiers herbiers afin de retenir le petit nom de chacune d’entre elles. Travailler dehors au contact de la nature a toujours été pour moi une évidence. C’est en écoutant mes passions que j’ai suivi mes études.
Lors de mon premier voyage en 2007 à l’occasion d’un stage à l’Herbier de Guyane, j’ai découvert la forêt tropicale humide de la Guyane française. Différentes missions sur la station scientifique des Nouragues et de nombreuses rencontres m’ont permis d’élargir mon champ de connaissances dans différents domaines concernant la faune et la flore de cette région.
J’ai quitté la France en 2009 pour partir à la rencontre de Madagascar, cette grande île de l’Océan Indien a toujours suscité mon intérêt. Durant une petite année j’ai travaillé avec l’association Mad’arbres, une association malgache de grimpeurs arboricoles. De par ce travail, j’ai été formée à la grimpe d’arbres et j’ai pu découvrir la biodiversité si riche de cette île. De Mayotte à la Réunion en passant par les Comores, je suis tombée sous le charme de l’Océan Indien.
En 2012, j’ai participé à une formation en écologie tropicale dans le parc de La Lopé au Gabon. C’était pour moi l’occasion d’approfondir ma rencontre avec l’Afrique qui n’avait été que brève lors d’un petit voyage au Togo. L’Afrique avec ses grands espaces, sa grande faune sauvage, ses savanes et ses forêts m’a toujours fait rêver.
Ces différentes expériences ont confirmé et ancré ma passion pour la biodiversité tropicale.
L’ethnobotanique est aujourd’hui pour moi une évidence. Je reste convaincue que de nombreuses facettes de la relation des peuples avec les plantes sont peu ou non documentées, et mériteraient de l’être, à la fois pour la connaissance scientifique, mais également comme devoir de sauvegarde de la culture de sociétés qui s’épuisent. En vivant à Madagascar, je me suis intéressée au peuple des Mikea. Les Mikea sont un petit peuple de chasseurs-cueilleurs du sud-ouest de Madagascar qui vit dans une forêt sèche épineuse. Leur grande particularité est de pouvoir vivre en se passant totalement d’eau, ils consomment le tubercule aqueux d’une igname qui leur sert de substitut d’eau (Dioscorea bemandry).
Via un travail de 3 ans sur ce sujet, je suis diplômée de l’École Pratique des Hautes Études. Mon mémoire, disponible sur demande, s’intitule: Les plantes spontanées et leurs usages chez les Mikea à Madagascar. Incidence de la déforestation sur l’évolution de leur mode de vie.
En 2014 je pose mes valises aux Fidji sur une petite île paradisiaque. Je partage mon temps entre mes différentes passions. La botanique, la découverte de nouvelles cultures, le dessin et la photographie.
En 2016, Zampela prend son envol. Je décide, comme une évidence, que le dessin doit faire partie de ma vie au même titre que la science. Le lien entre ces deux disciplines est indissociable : l’observation rigoureuse des plantes nourrit mon trait, et mon pinceau sert la connaissance.
Mon retour dans l’Océan Indien en 2018 marque le début d’un nouveau cycle. Madagascar ne m’a jamais quittée, mais c’est l’île Maurice, l’île Arc-en-Ciel, qui m’offre alors une nouvelle source d’inspiration. C’est ensuite avec un immense plaisir qu’en 2021, je m’installe à Mayotte, hotspot mondial des baobabs. J’y franchis une étape clé en me formant officiellement à l’illustration botanique avec le Royal Botanic Garden of Edinburgh, scellant définitivement cette alliance entre rigueur scientifique et exigence artistique.
En 2025, je pose à nouveau mes valises à l’île Maurice avec la volonté de remettre en lumière la richesse de son patrimoine végétal. En tant qu’illustratrice et ethnobotaniste, je m’attache à créer une documentation de prestige pour la flore mauricienne, qui n’avait pas fait l’objet de nouveaux dessins de référence depuis plus de 130 ans. Mon travail consiste aujourd’hui à transformer ce capital naturel en un actif immatériel unique, afin de sauvegarder l’essence et l’histoire des grands domaines pour les siècles à venir.
