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Mars

Quand tout va bien puis que rien ne va plus !

Quand tout va bien puis que rien ne va plus, je pense que ça va être mon cheminement tout au long de ma formation d’illustration botanique. Ce cheminement est tout simplement une sortie de ma zone de confort!

Dans une précédente newsletter, je te racontais ma difficulté à prendre les mesures de mon sujet afin de les reporter exactement sur mon dessin. Mais finalement j’ai fini par trouver mes petites techniques et je trouve aujourd’hui cet exercice bien plus facile.

La suite de la certification portait sur les valeurs et les textures au crayon gris. J’ai donc tranquillement fait mes exercices, dessiner un avocat et des feuilles. Je dis tranquillement car depuis le temps que je dessine au crayon c’est une technique que je maîtrise assez bien et que j’aime depuis longtemps. Travailler des détails sur un dessin au graphite c’est facile ; tu gommes, tu recommences, tu affines, tu rajoutes du crayon, tu gommes du crayon, tu joues avec tes différentes gommes bref avec un peu de patience et de persévérance tu obtiens le résultat souhaité. Mesurer et dessiner au crayon, me voilà donc dans une phase de « Quand tout va bien », ma zone de confort donc !

Puis sont arrivés de nouveaux exercices, les mêmes que précédemment, travailler les valeurs et les textures, mais cette fois-ci dans une tonalité à l’aquarelle.
La base est OK pour moi, mesurer et dessiner mon sujet, mélanger mes 3 couleurs primaires pour faire un sépia ( rouge + jaune = orange; orange + bleu = sépia), travailler des dégradés à l’aquarelle selon différentes techniques. Je joue avec de l’aquarelle depuis mes 15/16 ans donc jusque-là, tout va toujours très bien.

Puis… Rien ne va plus ! Je sens bien que je suis propulsée hors de ma zone de confort.  Avec un petit regard affolé en arrière sur mes dessins au crayon, je me dis:  » je ne vais pas y arriver ! ». Rassure-toi, cet état ne dure pas longtemps, quand j’ai décidé quelque chose je vais jusqu’au bout, quel que soit le chemin, même si je dois prendre la piste pleine de ronces et de boue.

Travailler l’aquarelle n’a rien à voir avec le graphite… Je me suis sentie complètement perdue face à ce médium que je connais pourtant depuis longtemps. Ma plus grande difficulté est que les blancs, les éclats de lumière sont le blanc du papier donc tu dois réserver, garder tes blancs dès le départ. Contrairement à beaucoup d’autres techniques tu « montes » tes valeurs, c’est-à-dire que tu commences par les plus claires et tu finis par les plus foncées. Comme le blanc est censé être le blanc du papier, tu ne peux pas vraiment revenir en arrière si tu fais des erreurs dans tes valeurs.

Alors j’ai fait et refait mon avocat. Il n’y a pas une seule façon de faire donc en faisant j’expérimente, je trouve et affine ma méthode, celle qui me va le mieux. Il n’y a aucun secret, il faut des heures et des heures de pratique et d’expérimentation pour être à l’aise et revenir dans sa zone de confort. Je suis satisfaite de mes 1ers résultats, je vois ce qui est perfectible, ce qui marche, ce qui ne marche pas. Moi qui suis tant attachée au résultat final quand je dessine, je prends enfin le temps de « travailler » mon dessin juste pour améliorer ma technique et non pour un rendu final.

Tout ça pour te dire que sortir de sa zone de confort, ça fait peur et on a toujours toutes les raisons du monde de ne pas le faire. Quand tout va bien, pourquoi aller vers « rien ne va plus » ? Moi j’y vais parce que c’est comme ça que j’avance le plus vite, que je découvre de nouvelles choses et de nouvelles facettes de moi. C’est comme acheter un billet d’avion et faire son sac, c’est excitant et effrayant à la fois, on est lié à ceux et ce qu’on laisse tout en faisant la place à ce et ceux qu’on va rencontrer. Je n’ai jamais, jamais, jamais regretté d’avoir sauté hors de ma zone de confort.

Alors si je n’avais qu’un seul conseil à te donner ?
Vas-y saute !!

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